Ce que dit l'Église des révélations privées: La question des «révélations privées» a été traitée récemment de façon magistrale par le Pape Benoît XVI, alors Cardinal Joseph Ratzinger, dans son Commentaire théologique du Troisième secret de Fatima, rendu public depuis le 13 mai 2000.
Il faut d'abord rappeler qu'il existe une différence non seulement de degré, mais de nature entre la «Révélation publique» et les «révélations privées.» La première désigne l'action révélatrice de Dieu destinée à l'humanité tout entière. Elle trouve son expression littéraire dans la Bible de l'Ancien et du Nouveau Testament. Elle est achevée avec le Christ en qui Dieu nous a donné sa parole définitive et indépassable. Il n'y aura plus d'autre révélation publique nouvelle avant le retour glorieux de Notre-Seigneur.
Mais le catéchisme ajoute une remarque importante: «cependant, même si la Révélation est achevée, elle n'est pas complètement explicitée, il restera à la foi chrétienne d'en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles.» (CEC 66) Ceci se fait par la méditation des mystères de la foi, par l'expérience de la vie chrétienne, par le travail des théologiens. Et c'est ici que se situe aussi le rôle des «révélations privées.»
Voici ce qu'en dit le catéchisme: «Au fil des siècles, il y a eu des révélations dites «privées» dont certaines ont été reconnues par l'Église. Elles n'appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n'est pas «d'améliorer» ou de «compléter» la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'Histoire. Guidé par 1e Magistère de l'Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui, dans ces révélations, constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l'Église.» (CEC 67)
Si la Révélation exige notre adhésion de foi, les révélations privées sont une aide pour la foi, mais nous ne devons pas leur accorder ou exiger pour elle la foi due à Dieu qui nous parle par sa Révélation. Le message de telle ou telle révélation privée peut nous aider à mieux vivre l'Évangile et à nous orienter plus intensément vers le Christ, il est une aide qui est offerte mais dont il n'est nullement obligatoire de faire usage. Cependant, on ne négligera pas une telle aide, d'autant plus qu'elle apporte souvent un enrichissement et un approfondissement de la piété populaire qui est un trésor inestimable pour la vie de l'Église.
(Extrait d'une lettre du Cardinal Christoph
Schonborn, Arch. de vienne. 10 juillet 2001)